SOUS-PROJET — COMPRENDRE COMMENT ÇA MARCHE

OPEN—WEIGHT

Comment peser la poussée d’un moteur ?

OPEN_WEIGHT est une petite carte électronique open source. Elle lit un capteur de force et transforme la poussée d’un moteur de drone en un nombre précis. Cette page explique son fonctionnement, étape par étape. Aucune connaissance en électronique n’est nécessaire.

11 CHAPITRES COURTSDÉMOS INTERACTIVESDE DÉBUTANT À AVANCÉ
COMMENCER PAR LE CHAPITRE 1
Image 3D de la carte OPEN_WEIGHT, vue de dessus

La carte. Les deux capteurs se branchent en haut, l’ordinateur en bas.

0 bits
PRÉCISION
16 millions de pas possibles
0
CAPTEURS
lus en même temps
3,3 V
ALIMENTATION
une seule petite alimentation suffit
0 %
OPEN SOURCE
tous les fichiers sont publics
TOUTE L’IDÉE EN 30 SECONDES

D’UNE POUSSÉE À UN NOMBRE, EN QUATRE ÉTAPES

ÉTAPE 1
POUSSÉE

Le moteur fait tourner son hélice et pousse.

ÉTAPE 2
FLEXION

Une barre de métal, la cellule de charge, plie. Si peu qu’on ne le voit pas.

ÉTAPE 3
SIGNAL

Cette flexion modifie un minuscule signal électrique.

123
ÉTAPE 4
NOMBRE

OPEN_WEIGHT mesure ce signal et envoie un nombre à l’ordinateur.

CHAPITRE 01 / 11DÉBUTANT

Qu’est-ce qu’une cellule de charge ?

Une cellule de charge est un capteur de force. Les pèse-personnes, les balances de cuisine et les ponts-bascules pour camions en contiennent tous une.

À l’intérieur d’une cellule de charge, il y a un bloc de métal. Quand on appuie dessus, il plie. Si peu qu’on ne le voit pas, mais cela suffit.

Sur le métal est collée une jauge de contrainte : une piste métallique très fine, repliée en zigzag. Quand le bloc plie, la piste s’étire avec lui.

Et voici la clé : un fil étiré laisse passer moins d’électricité. Il devient plus long et plus fin, donc sa résistance augmente. Mesurez cette résistance, et vous savez avec quelle force on appuie.

UNE JAUGE DE CONTRAINTE, ÉTIRÉE PUIS RELÂCHÉE

SANS FORCE
350,0 Ω
PLEINE FORCE
350,0 Ω

Le zigzag est la piste métallique. Étirée, elle est plus longue et plus fine, et sa résistance augmente. L’étirement est exagéré ici : en réalité, on ne le verrait pas.

POUR SE FAIRE UNE IMAGE

Une paille. Il est plus difficile de boire avec une paille longue et fine qu’avec une paille courte et large. L’électricité dans un fil se comporte de la même façon : étirez le fil, et le courant a plus de mal à passer.

À QUEL POINT LE CHANGEMENT EST-IL PETIT ?

À pleine force, la résistance change d’environ 0,2 %. Sur une jauge classique de 350 Ω, cela fait 0,7 Ω. C’est comme remarquer qu’une route de 1 km s’est allongée de 2 m.

L’IDÉE À RETENIR

Une force fait plier le métal. La flexion étire un fil. L’étirement change sa résistance. Une cellule de charge transforme une force en un minuscule changement de résistance.

POUR ALLER PLUS LOINLe facteur de jauge, et les formes de cellules de charge

La variation de résistance pour un étirement donné s’appelle le facteur de jauge. Pour les jauges à trame métallique, il vaut environ 2 : un étirement de 0,1 % donne une variation de résistance de 0,2 %.

GF = (ΔR / R) / (ΔL / L) ≈ 2
  • Poutre en flexion : une barre qui plie. La plus courante, dans les balances d’établi et les petits bancs de poussée.
  • Type S : fonctionne en traction comme en compression. Pesons suspendus, essais de matériaux.
  • Compression : en forme de bouton ou de galette. Pesage industriel.
  • Poutre en cisaillement : tolère les efforts latéraux. Cuves et plateformes.
  • La forme importe peu pour OPEN_WEIGHT : elle lit n’importe quelle cellule de charge à 4 fils, de 120 Ω à 1 kΩ.
CHAPITRE 02 / 11DÉBUTANT

Pourquoi quatre jauges au lieu d’une ?

Un changement de 0,2 % est bien trop petit pour être mesuré directement. Les cellules de charge utilisent donc une astuce vieille de près de deux siècles : comparer quatre jauges entre elles.

Les quatre jauges sont câblées en losange : c’est un pont de Wheatstone. L’alimentation entre par le haut et ressort par le bas. On regarde la différence de tension entre le coin gauche et le coin droit.

Sans force sur le capteur, les quatre jauges sont identiques. La gauche et la droite sont parfaitement égales, donc la différence vaut zéro.

Avec une force, deux jauges sont étirées et deux sont comprimées. La gauche et la droite ne sont plus égales, et une petite tension apparaît. Plus on appuie fort, plus la tension est grande.

LE PONT : QUATRE JAUGES EN LOSANGE

ALIMENTATION (+)1234SIGNALGAUCHEDROITERETOUR (−)

Les quatre cases sont les quatre jauges de contrainte. Le signal est la différence entre le coin gauche et le coin droit.

POUR SE FAIRE UNE IMAGE

Une vieille balance à deux plateaux. Mettez le même poids de chaque côté et l’aiguille indique zéro, quel que soit ce poids. Ajoutez un grain de riz d’un côté, et l’aiguille bouge. Le pont fonctionne de la même façon : il ignore la grande valeur et ne montre que la différence.

VOILÀ POURQUOI UNE CELLULE DE CHARGE A QUATRE FILS

Deux fils amènent l’alimentation. Deux fils ramènent le signal.

QUELLE EST LA TAILLE DU SIGNAL ?

Un capteur courant alimenté en 5 V donne environ 10 mV à pleine force : dix millièmes de volt. C’est 150 fois moins qu’une pile AA.

L’IDÉE À RETENIR

Un pont transforme quatre minuscules changements de résistance en une seule petite tension. Elle vaut zéro quand rien n’appuie, et grandit avec la force.

POUR ALLER PLUS LOINLa formule du pont, et ce que signifie mV/V
V_OUT = V_EXC × [ R4 / (R2 + R4) − R3 / (R1 + R3) ]
ÉQUILIBRÉ QUAND R1 × R4 = R2 × R3, DONC V_OUT = 0
QUATRE JAUGES ACTIVES : V_OUT / V_EXC = ΔR / R

V_EXC est l’excitation, c’est-à-dire l’alimentation envoyée au pont. Les numéros 1 à 4 correspondent aux jauges du dessin.

Les cellules de charge sont caractérisées en mV/V : des millivolts de signal à pleine force, pour chaque volt d’excitation. Un capteur de 2 mV/V alimenté en 5 V donne 2 × 5 = 10 mV à pleine force. Ces 2 mV/V sont exactement les 0,2 % du chapitre 1.

  1. 01Le pont mesure un changement, pas une valeur absolue : les 350 Ω disparaissent, seuls les 0,7 Ω restent.
  2. 02Ce qui touche les quatre jauges de la même façon, comme la température, s’annule.
  3. 03Quatre jauges actives donnent quatre fois le signal d’une seule.
  4. 04La sortie est une fraction de l’excitation. Le chapitre 5 repose là-dessus.
CHAPITRE 03 / 11DÉBUTANT

Pourquoi est-ce difficile à mesurer ?

Le signal est minuscule, et un banc d’essai moteur est l’un des endroits les plus bruyants où l’on puisse le mettre.

Pour peser un gramme sur un capteur de 5 kg, la carte doit distinguer deux millionièmes de volt. Pendant ce temps, à quelques centimètres de là, un moteur commute des dizaines d’ampères.

Agrandir un petit signal est facile : n’importe quel amplificateur le fait. Mais un amplificateur agrandit aussi le bruit. Le vrai travail consiste à écarter le bruit avant d’amplifier.

PETIT, MAIS PETIT COMMENT ?

Chaque ligne est bien plus petite que celle du dessus.

5 V
L’alimentation envoyée au capteur
À peu près ce que délivre un chargeur USB
500 FOIS PLUS PETIT
10 mV
La réponse du capteur à pleine force
150 fois moins qu’une pile AA
ENCORE 5 000 FOIS PLUS PETIT
2 µV
Un gramme sur un capteur de 5 kg
2 millionièmes de volt
ENCORE 235 FOIS PLUS PETIT
8,5 nV
Le bruit de fond de la puce de mesure
8,5 milliardièmes de volt
POUR SE FAIRE UNE IMAGE

Entendre un chuchotement à côté d’un aspirateur. Le chuchotement, c’est le signal du capteur. L’aspirateur, c’est tout le reste : le moteur, son contrôleur, les prises de courant, et jusqu’à l’alimentation de la carte elle-même.

QUATRE SOURCES DE BRUIT, ET CE QUE LA CARTE FAIT CONTRE CHACUNE

Les chapitres suivants expliquent ces réponses une par une.

L’ALIMENTATION TREMBLE

LE PROBLÈME

Le signal d’un capteur suit son alimentation. Si l’alimentation tremble, la mesure tremble avec elle.

LA RÉPONSE

Une alimentation en deux étages, extrêmement calme (chapitre 6), et une astuce qui annule ce qui reste (chapitre 5).

LA CHALEUR FAIT DÉRIVER

LE PROBLÈME

En chauffant, les composants changent un peu de valeur. La mesure glisse lentement, alors que rien n’a changé.

LA RÉPONSE

Quatre jauges qui dérivent ensemble et se compensent, une puce qui corrige son propre décalage, et un nouveau zéro une fois la carte chaude.

LES MOTEURS ÉMETTENT DU BRUIT

LE PROBLÈME

Un moteur et son contrôleur commutent de forts courants, très vite. Chaque fil voisin en capte une partie, comme une antenne.

LA RÉPONSE

Un filtre sur chaque entrée, des connecteurs blindés et un capot métallique sur la partie sensible de la carte.

LE SECTEUR EST PARTOUT

LE PROBLÈME

Le 50 ou 60 Hz des prises de courant s’infiltre dans tous les câbles d’une pièce, sous la forme d’un ronflement lent.

LA RÉPONSE

La puce fait la moyenne de ses mesures d’une manière qui fait disparaître le 50 Hz et le 60 Hz.

L’IDÉE À RETENIR

Agrandir le signal est facile. Le protéger du bruit, voilà le vrai travail : c’est à cela que sert l’essentiel de la carte.

NOUVEAUX MOTSBruitmV, µV, nV
POUR ALLER PLUS LOINLes chiffres exacts
GRANDEURVALEURREMARQUE
Excitation du pont5 VCe qui alimente la cellule de charge
Pleine échelle de l’ADC au gain 128±39 mV±VREF / 128
Signal à pleine charge, cellule de 2 mV/V10 mVPosé sur un mode commun de 2,5 V
Un gramme sur une cellule de 5 kg2 µV10 mV ÷ 5000
Bruit propre de l’AD71908,5 nV eff.Gain 128, cadence de sortie de 4,7 Hz

Entre les 5 V qui alimentent le pont et le bruit du convertisseur, il y a un facteur de plus de 500 millions.

CHAPITRE 04 / 11INTERMÉDIAIRE

Qu’y a-t-il sur la carte ?

Une seule puce fait la mesure. Tout le reste de la carte est là pour lui offrir une alimentation calme et un signal propre.

Voyez la carte comme une petite équipe de sept. Chaque membre a un seul rôle, et un surnom pour s’en souvenir.

Suivez les flèches du dessin ci-dessous. En vert, le signal qui va du capteur à la puce. En orange, l’alimentation. En bleu, les données qui repartent vers l’ordinateur.

POUR SE FAIRE UNE IMAGE

Un studio d’enregistrement. Le chanteur, c’est le capteur, et l’amplificateur du micro, c’est la puce de mesure. Autour d’eux, tout est fait pour le silence : une électricité propre, des murs capitonnés, une porte fermée. Rien dans la pièce ne fait de musique. Tout sert à laisser le bruit dehors.

LA CARTE, ÉLÉMENT PAR ÉLÉMENT

ALIMENTATIONSIGNAL DU CAPTEURDONNÉES
CAPOT MÉTALLIQUE SUR LA PARTIE SENSIBLE3,3 V6 V5 VALIM.5 VSERT AUSSI DE RÈGLESIGNALFILTRÉ3,3 VDONNÉES (SPI)LE CHEFHÔTEÉNERGIE + DONNÉESLA POMPETPS610863,3 V → 6 VLE NETTOYEURLT30426 V → 5 V CALMEL’INTERRUPTEURQ1ALLUME LE CAPTEURLES CAPTEURSCELLULES DE CHARGEJUSQU’À DEUXLE PORTIERFILTRE RCBLOQUE LE BRUITLE TRADUCTEURAD7190SIGNAL → NOMBRE

CLIQUEZ SUR UNE CASE POUR VOIR À QUOI ELLE SERT

LE TRADUCTEUR — PUCE DE MESURE

Le cœur de la carte. Il rend le minuscule signal jusqu’à 128 fois plus grand, puis le transforme en un nombre à 16 millions de pas possibles. Il fait aussi la moyenne de ses mesures, ce qui efface le ronflement du secteur.

LES DÉTAILS
  • Puce : AD7190, un convertisseur 24 bits avec amplificateur intégré
  • Amplification de ×1 à ×128
  • Son bruit propre : 8,5 milliardièmes de volt

TROIS CHOIX QUI FAÇONNENT LA CARTE

01

UNE SEULE PRISE

La carte n’a besoin que du 3,3 V de l’hôte. Elle fabrique elle-même son 5 V.

02

PAS DE RÈGLE SÉPARÉE

La plupart des cartes de mesure ont besoin d’une tension de référence très précise. Celle-ci prend l’alimentation du capteur comme règle : c’est plus simple et plus stable.

03

LE CALME AVANT LE RENDEMENT

L’alimentation gaspille volontairement un peu d’énergie. C’est le prix d’une alimentation très calme, et ici le calme compte davantage.

L’IDÉE À RETENIR

Capteur, portier, traducteur, nombre. Autour d’eux : une pompe et un nettoyeur pour l’alimentation, et un capot métallique pour bloquer les parasites.

CHAPITRE 05 / 11INTERMÉDIAIRE

L’idée astucieuse : comparer plutôt que mesurer

C’est l’idée la plus astucieuse de la carte, et elle est étonnamment simple.

Souvenez-vous du chapitre 3 : le signal d’un capteur suit son alimentation. Si l’alimentation baisse de 1 %, le signal baisse de 1 % lui aussi, alors que la force n’a pas changé.

Une puce de mesure classique compare le signal à une référence fixe, comme une règle. Elle verrait un signal 1 % plus petit, et annoncerait à tort 1 % de force en moins.

OPEN_WEIGHT utilise une autre règle : l’alimentation du capteur elle-même. Si l’alimentation baisse de 1 %, le signal et la règle rétrécissent tous deux de 1 %. Le rapport entre les deux ne change pas, donc la mesure ne change pas.

On appelle cela une mesure ratiométrique : on mesure un rapport plutôt qu’une valeur.

LA MÊME CHOSE, AVEC DES CHIFFRES
ALIMENTATION
5,00 V
puis
4,95 V
SIGNAL
10,0 mV
puis
9,9 mV
SIGNAL ÷ ALIM.
0,002
puis
0,002

L’alimentation a baissé, et le signal aussi. Leur rapport n’a pas bougé.

POUR SE FAIRE UNE IMAGE

Un dessin sur une feuille de caoutchouc, avec une règle imprimée sur la même feuille. Étirez la feuille : le dessin grandit, mais la règle aussi. Mesuré avec cette règle, le dessin fait toujours exactement la même taille.

À VOUS DE JOUER

LA TENSION D’ALIMENTATION CHANGE-T-ELLE LA MESURE ?

  1. 1Appuyez sur le capteur avec le premier curseur.
  2. 2Changez maintenant la tension d’alimentation avec le second curseur.
  3. 3Comparez les deux mesures affichées à droite.
FORCE
CELLULE DE CHARGE
60 % de son maximum
5,00 V
4,5 V (trop bas)5,0 V5,5 V (trop haut)
PLUS DE RÉGLAGES : TYPE DE CAPTEUR ET AMPLIFICATION
TYPE DE CAPTEUR (SIGNAL PAR VOLT D’ALIMENTATION, À PLEINE FORCE)
AMPLIFICATION DANS LA PUCE
PLUS GRAND SIGNAL ACCEPTÉ PAR LA PUCE
±39,1 mV
PART DE CETTE PLAGE UTILISÉE
15,4 %
SIGNAL VENANT DU CAPTEUR
6,000 mV
bouge avec l’alimentation
NOMBRE ENVOYÉ À L’ORDINATEUR
9 677 098
ne bouge pas avec l’alimentation
UNE CARTE À RÈGLE FIXE DIRAIT
60,0 %JUSTE, POUR L’INSTANT
OPEN_WEIGHT DIT
60,0 %TOUJOURS JUSTE

Ce que vous devriez voir : quand l’alimentation bouge, le signal du capteur bouge avec elle, et une carte à règle fixe se fait piéger. OPEN_WEIGHT, non : sa règle bouge exactement d’autant.

L’IDÉE À RETENIR

La carte ne mesure pas des volts. Elle mesure quelle fraction de son alimentation le capteur lui renvoie. Cette fraction ne dépend que de la force.

NOUVEAUX MOTSRatiométrique
POUR ALLER PLUS LOINLa formule derrière le nombre
CODE DE SORTIE DE L’AD7190, MODE BIPOLAIRE
CODE = 2²³ × ( GAIN × V_SIG / V_REF + 1 )
AVEC UN PONT ET UNE RÉFÉRENCE RATIOMÉTRIQUE
V_SIG = FORCE × SENSIBILITÉ × V_EXC
V_REF = V_EXC
CODE = 2²³ × ( GAIN × FORCE × SENSIBILITÉ + 1 )

V_EXC, la tension d’excitation, apparaît dans le signal et dans la référence. Elle se simplifie et disparaît du résultat.

Sur la carte, l’entrée de référence de l’AD7190 (REFIN1±) est reliée aux deux mêmes fils qui alimentent le pont (SENSE±). Il n’y a aucune puce de référence de tension séparée.

La simulation prévoit 4,955 V aux bornes du pont au lieu de 5 V, à cause de petites pertes dans les deux interrupteurs. Avec une mesure ratiométrique, cela n’a pas d’importance. Même à ×128, un capteur de 2 mV/V n’utilise qu’environ un quart de la plage d’entrée de la puce.

CHAPITRE 06 / 11INTERMÉDIAIRE

D’où vient une alimentation propre ?

La puce de mesure veut un 5 V très calme. L’hôte ne propose que du 3,3 V, et il n’est pas calme. La carte règle les deux problèmes en deux étapes.

VENU DE L’HÔTE
3,3 V

La seule chose que la carte reçoit. Pas très calme.

TPS61086
LA POMPE

Monte la tension en commutant 1,2 million de fois par seconde.

HAUT, MAIS ONDULÉ
6 V

Assez haut, mais il porte de petites ondulations rapides.

LT3042
LE NETTOYEUR

Abaisse la tension à 5 V et retire les ondulations.

CALME ET STABLE
5 V

Alimente la puce de mesure et les capteurs.

ÉTAPE 1 — POMPER

Un composant appelé convertisseur élévateur (ou boost) monte le 3,3 V à 6 V. Pour cela, il s’allume et s’éteint 1,2 million de fois par seconde. Il gaspille très peu d’énergie, mais laisse de petites ondulations sur sa sortie.

ÉTAPE 2 — LISSER

Un régulateur très silencieux abaisse le 6 V à 5 V exactement et retire les ondulations. Il a besoin d’un peu de tension en réserve pour travailler : voilà pourquoi l’étape 1 monte jusqu’à 6 V, et pas seulement 5 V.

LA CARTE MET UNE DEMI-SECONDE À SE RÉVEILLER

1 ms, c’est un millième de seconde.

0MISE SOUS TENSION

L’hôte allume le 3,3 V.

1 msLA POMPE EST LANCÉE

Au bout d’un millième de seconde, le 6 V est là.

5 msPRESQUE 5 V

L’alimentation calme a atteint 4,6 V. C’est proche, mais pas encore prêt.

250 msPRÊTE À 99 %

L’alimentation monte lentement vers 5 V.

600 msON PEUT MESURER

L’alimentation est parfaitement calme. Les mesures peuvent commencer.

Pourquoi si lent ? C’est voulu. L’élément qui rend l’alimentation si calme se remplit lentement, comme un grand réservoir. Le calme prend du temps.

POUR SE FAIRE UNE IMAGE

L’eau d’une pompe. Une pompe donne de la pression, mais l’eau sort par à-coups. Ajoutez un réservoir après la pompe, et l’eau qui en sort coule de façon parfaitement régulière.

LE RÉSULTAT

En simulation, l’ondulation est environ 36 000 fois plus faible après le nettoyeur qu’avant.

L’IDÉE À RETENIR

On pompe d’abord, on nettoie ensuite. Le résultat : un 5 V assez calme pour une puce qui écoute des millionièmes de volt.

POUR ALLER PLUS LOINCombien la carte consomme
ÉTAGERAILCOURANTPUISSANCE
AD7190, partie analogique (gain 128, 10 Hz)+5VA~4 mA~20 mW
Résonateur, filtres RC, analogique divers+5VA~1 mA~5 mW
Excitation de la cellule (pont de 350 Ω)+5VA~14 mA~70 mW
LT3042, courant de repos+6V~2 mA~12 mW
LT3042, entrée totale+6V~21 mA~126 mW
AD7190, partie numérique+3.3V~1 mA~3,3 mW
TPS61086, entrée (η ≈ 85–90 %)+3.3V~45–50 mA~148–165 mW
Total de la carte, estimé+3.3V~46–51 mA~151–168 mW

Estimations pour un pont de 350 Ω. Un pont de 1 kΩ consomme environ 5 mA au lieu de 14 mA. La simulation donne 66,5 mA tirés de l’hôte, LED témoins comprises.

POUR ALLER PLUS LOINLa séquence de démarrage en détail
ÉTAPEDÉLAIREMARQUE
Démarrage du boost TPS61086 (démarrage progressif)+6V à 90 % après ~1,1 ms, stabilisé après ~2 msBref dépassement à 6,35 V, pic de 1,13 A dans la bobine
Démarrage rapide du LT3042+5VA atteint 4,59 V après ~5 msPower-Good passe à l’état haut ici, avant que le rail soit stabilisé
Stabilisation finale du LT304299 % après ~250 ms, 99,9 % après ~500 msτ = 50 kΩ × 2,2 µF = 110 ms
Délai minimal sûr≥ 600 ms après la mise sous tensionAvant d’étalonner, se fier au délai, pas à Power-Good

La stabilisation lente vient du condensateur de 2,2 µF placé sur la broche SET du LT3042, qui filtre sa référence. Un condensateur plus petit (0,47 µF, τ = 23,5 ms) démarre plus vite, au prix d’un peu plus de bruit à basse fréquence. En simulation, l’ondulation à 1,2 MHz passe de 194 µV efficaces sur le rail 6 V à 5,3 nV efficaces sur le rail 5 V : 91 dB de moins.

CHAPITRE 07 / 11AVANCÉ

Comment tester un circuit avant de le fabriquer ?

Fabriquer une carte électronique coûte de l’argent et prend des semaines. Avant de la commander, la conception a donc été testée dans un ordinateur.

POUR SE FAIRE UNE IMAGE

Un simulateur de vol, pour l’électronique. On dessine le circuit, on lance le calcul, et le logiciel calcule chaque tension et chaque courant, instant après instant. Si quelque chose cloche, on le découvre gratuitement, avant d’avoir fabriqué quoi que ce soit.

Cinq simulations ont été menées sur OPEN_WEIGHT, avec un logiciel appelé LTspice. Chacune répond à une question simple. Choisissez un onglet ci-dessous : chaque figure est accompagnée de sa question, d’une réponse courte et d’un guide de lecture.

IL A FALLU ÉCRIRE UN MODÈLE

Un simulateur a besoin d’une description de chaque puce. Le fabricant de la pompe n’en fournit pas pour LTspice : il en a donc été écrit une pour ce projet, à partir de la fiche technique de la puce.

UNE SIMULATION N’EST PAS UNE MESURE

Elle vérifie que l’idée est bonne. Elle ne peut pas connaître tous les détails d’une vraie carte. Une fois la carte fabriquée, les mêmes grandeurs seront mesurées sur l’établi.

LA QUESTION

L’alimentation démarre-t-elle correctement ?

LA RÉPONSE COURTE

Oui. Le 6 V est là au bout d’environ un millième de seconde. Le 5 V se stabilise ensuite en douceur, en une demi-seconde environ, et rien ne dépasse dangereusement.

COMMENT LE LIRE

Quatre graphiques. En haut à gauche : les trois alimentations pendant les 600 premières millisecondes. En haut à droite : la même chose, zoomée sur le tout début. En bas à gauche : un zoom vertical sur le 5 V pendant qu’il monte doucement vers sa valeur finale ; la ligne en pointillés est ce que prédit une formule simple. En bas à droite : le courant dans la bobine de la pompe.

LES CHIFFRES
  • Le 6 V se stabilise à 6,037 V ; 90 % atteints en 1,1 ms
  • Bref dépassement à 6,35 V ; la puce suivante accepte jusqu’à 20 V
  • Le courant de la bobine culmine à 1,13 A ; la bobine supporte 2,5 A
  • Le 5 V est à 99 % après 241 ms, et à 4,998 V à 600 ms
Les trois alimentations pendant les 600 premières millisecondes
3,3 V, venu de l’hôte6 V, après la pompe5 V, après le nettoyeur
Temps (ms : millièmes de seconde)
LES VALEURS EN TABLEAU
Temps (ms : millièmes de seconde)3,3 V, venu de l’hôte6 V, après la pompe5 V, après le nettoyeur
0 ms0,00 V0,00 V-0,78 V
75 ms3,30 V6,04 V4,77 V
150 ms3,30 V6,04 V4,88 V
225 ms3,30 V6,04 V4,94 V
300 ms3,30 V6,04 V4,97 V
375 ms3,30 V6,04 V4,98 V
450 ms3,30 V6,04 V4,99 V
525 ms3,30 V6,04 V4,99 V
600 ms———
Zoom sur les 25 premiers millièmes de seconde
3,3 V, venu de l’hôte6 V, après la pompe5 V, après le nettoyeur
Temps (ms : millièmes de seconde)
LES VALEURS EN TABLEAU
Temps (ms : millièmes de seconde)3,3 V, venu de l’hôte6 V, après la pompe5 V, après le nettoyeur
0 ms0,00 V0,00 V-0,78 V
3,13 ms3,30 V6,04 V2,89 V
6,25 ms3,30 V6,04 V4,58 V
9,38 ms3,30 V6,04 V4,59 V
12,5 ms3,30 V6,04 V4,60 V
15,6 ms3,30 V6,04 V4,61 V
18,8 ms3,30 V6,04 V4,62 V
21,9 ms3,30 V6,04 V4,63 V
25 ms———
Zoom vertical sur le 5 V pendant qu’il se stabilise
Alimentation 5 V, simuléeFormule simple (constante de temps de 110 ms)
Temps (ms : millièmes de seconde)
LES VALEURS EN TABLEAU
Temps (ms : millièmes de seconde)Alimentation 5 V, simuléeFormule simple (constante de temps de 110 ms)
0 ms-0,780 V—
75 ms4,773 V4,775 V
150 ms4,885 V4,886 V
225 ms4,942 V4,942 V
300 ms4,971 V4,971 V
375 ms4,985 V4,985 V
450 ms4,992 V4,993 V
525 ms4,996 V4,996 V
600 ms—4,998 V
Courant dans la bobine de la pompe, 25 premiers millièmes de seconde
La bande va de la valeur la plus basse à la plus haute : le courant pulse 1,2 million de fois par seconde.
Temps (ms : millièmes de seconde)
LES VALEURS EN TABLEAU
Temps (ms : millièmes de seconde)Courant de la bobine
0 ms—
3,13 ms-0,01 A à 0,22 A
6,25 ms-0,01 A à 0,17 A
9,38 ms-0,01 A à 0,17 A
12,5 ms-0,01 A à 0,17 A
15,6 ms-0,01 A à 0,17 A
18,8 ms-0,01 A à 0,17 A
21,9 ms-0,01 A à 0,17 A
25 ms—

Tracé à partir des résultats de simulation du projet (commit edc21a0), allégés à quelques centaines de points par courbe. Passez le pointeur sur un graphique, ou sélectionnez-le et utilisez les flèches du clavier, pour lire les valeurs exactes.

L’IDÉE À RETENIR

Tester d’abord dans l’ordinateur. Une erreur trouvée en simulation ne coûte rien. La même erreur sur une vraie carte coûte des semaines.

NOUVEAUX MOTSSimulation
POUR ALLER PLUS LOINComment les simulations sont construites
  • Chaque valeur de composant vient de la netlist KiCad, avec les mêmes repères que sur le schéma.
  • Le LT3042 utilise le modèle officiel d’Analog Devices.
  • Le modèle du TPS61086 est comportemental : commande en courant crête à 1,2 MHz, amplificateur d’erreur de 107 µA/V, référence de 1,238 V, interrupteur de 0,13 Ω, limite de courant de 2,6 A, démarrage progressif et mode d’économie d’énergie.
  • Charge sur le rail 5 V : l’AD7190, un pont de 350 Ω et une LED témoin.
  • Non pris en compte : les éléments parasites du routage, et la perte de capacité des condensateurs céramiques sous tension continue. Les deux modifieront les chiffres d’ondulation.
CHAPITRE 08 / 11AVANCÉ

Les pistes de cuivre peuvent-elles se gêner ?

Même un circuit parfait peut être perturbé par la façon dont ses pistes de cuivre sont dessinées. Sur cette carte, la pompe et la puce de mesure sont à deux centimètres l’une de l’autre.

Toute piste parcourue par un courant qui varie crée un champ invisible autour d’elle. Toute piste voisine en capte un peu.

Pour savoir combien, la forme réelle du cuivre a été chargée dans un simulateur de champs appelé openEMS. Il découpe la carte en près de deux millions de petits cubes et calcule le champ dans chacun d’eux.

CE QUE LA SIMULATION A TROUVÉ

1
LA PERTURBATION EST MINUSCULE

Avec le capot métallique, environ 15 milliardièmes de volt atteignent chaque entrée. C’est 1,5 millionième du signal complet du capteur : comme 1,5 mm sur une route de 1 km.

2
ELLE VOYAGE PAR MAGNÉTISME

L’effet électrique de la pompe est négligeable. Ce qui compte, c’est le champ magnétique créé par les courants qui tournent en boucle autour d’elle.

3
LE CAPOT MÉTALLIQUE COMPTE

Surtout à cause de la bobine de la pompe, dont le champ de fuite n’est pas connu précisément. Le capot divise son pire cas par 12 à 50.

POUR SE FAIRE UNE IMAGE

Un téléphone qui se recharge sans câble. Le chargeur et le téléphone ne se touchent pas, et pourtant l’énergie passe de l’un à l’autre, par un champ magnétique. Sur une carte électronique, le même effet se produit par accident, entre des pistes qui n’étaient pas censées se parler.

UN POINT RESTE INEXPLIQUÉ

Avec le capot, l’une des deux entrées capte plus de perturbations, et non moins. La simulation le montre, mais ne dit pas encore pourquoi. Des résultats honnêtes incluent les questions ouvertes.

LA QUESTION

À quel point la pompe perturbe-t-elle la mesure ?

LA RÉPONSE COURTE

Très peu. Avec le capot métallique, environ 15 milliardièmes de volt atteignent chaque entrée. C’est proche du bruit de fond de la puce de mesure elle-même.

COMMENT LE LIRE

Chaque ligne est une façon dont la pompe peut perturber une entrée. Plus un marqueur est à gauche, plus la perturbation est faible. Marqueurs creux : carte sans capot. Marqueurs pleins : avec le capot. Les triangles sont des pires cas, pas des résultats. La ligne en pointillés est le bruit de la puce elle-même. Chaque graduation vers la droite signifie dix fois plus.

LES CHIFFRES
  • Carte nue : 3,7 nV sur l’entrée 1, 38 nV sur l’entrée 2
  • Avec le capot : 15 nV sur les deux
  • Triangles : pire cas pour la bobine de la pompe, dont le champ de fuite n’est pas connu précisément
À la seule fréquence de la pompe (1,2 MHz)
Carte nueAvec le capot métalliqueTriangle : au plus cette valeur
Tension restante sur l’entrée (1 nV = un milliardième de volt)
LES VALEURS EN TABLEAU
Carte nueAvec le capot métallique
ENTRÉE 1 (J4) : Effet électrique de la pompe37 pV4,1 pV
ENTRÉE 1 (J4) : Effet magnétique de ses boucles de courant3,7 nV15 nV
ENTRÉE 1 (J4) : Les deux ensemble3,8 nV15 nV
ENTRÉE 1 (J4) : Bobine de la pompe, pire casau plus 880 nVau plus 18 nV
ENTRÉE 2 (J2) : Effet électrique de la pompe210 pV63 pV
ENTRÉE 2 (J2) : Effet magnétique de ses boucles de courant38 nV15 nV
ENTRÉE 2 (J2) : Les deux ensemble38 nV15 nV
ENTRÉE 2 (J2) : Bobine de la pompe, pire casau plus 2,7 µVau plus 220 nV
Tous les multiples de cette fréquence additionnés : un plafond
Une limite haute : la puce ne suit pas des signaux aussi rapides.
Carte nueAvec le capot métalliqueTriangle : au plus cette valeur
Tension restante sur l’entrée (1 nV = un milliardième de volt)
LES VALEURS EN TABLEAU
Carte nueAvec le capot métallique
ENTRÉE 1 (J4) : Effet électrique de la pompe130 pV15 pV
ENTRÉE 1 (J4) : Effet magnétique de ses boucles de courant140 nV26 nV
ENTRÉE 1 (J4) : Les deux ensemble140 nV26 nV
ENTRÉE 1 (J4) : Bobine de la pompe, pire casau plus 1,5 µVau plus 28 nV
ENTRÉE 2 (J2) : Effet électrique de la pompe830 pV270 pV
ENTRÉE 2 (J2) : Effet magnétique de ses boucles de courant730 nV72 nV
ENTRÉE 2 (J2) : Les deux ensemble730 nV72 nV
ENTRÉE 2 (J2) : Bobine de la pompe, pire casau plus 4,7 µVau plus 360 nV

Tracé à partir des résultats de simulation du projet (commit edc21a0), allégés à quelques centaines de points par courbe. Passez le pointeur sur un graphique, ou sélectionnez-le et utilisez les flèches du clavier, pour lire les valeurs exactes.

L’IDÉE À RETENIR

Le dessin de la carte a été vérifié comme le circuit : d’abord en simulation. Sa propre alimentation devrait perturber la mesure moins de deux fois le bruit de fond de la puce.

POUR ALLER PLUS LOINLes résultats complets, et comment la simulation a été menée
À 1,2 MHz, EN nV EFF.CARTE NUEBLINDAGE + CAPOT
Voie 1 (J4), tension du nœud de commutation0,04 nV0,004 nV
Voie 1 (J4), boucles de courant du boost3,7 nV15 nV
Voie 2 (J2), tension du nœud de commutation0,2 nV0,06 nV
Voie 2 (J2), boucles de courant du boost38 nV15 nV
Entrée de référence (REFIN1), tout cumulé95 nV29 nV
Pour comparer : bruit propre de l’AD71908,5 nV8,5 nV
  • Couplage capacitif depuis le nœud de commutation : 0,006 à 0,06 fF vers chaque piste analogique.
  • Sur la carte nue, la voie 1 (J4) est dix fois moins exposée que la voie 2 (J2), située du côté du boost.
  • L’entrée de référence en voit davantage, mais la mesure est un rapport : 95 nV sur 5 V, c’est 19 milliardièmes.
  • Champ de fuite de la bobine, borne supérieure : 0,9 µV et 2,7 µV sur la carte nue, 18 nV et 220 nV avec le capot.

Les quatre couches de cuivre sont exportées de la carte KiCad et maillées dans openEMS, un solveur FDTD open source : 1,85 million de cellules, environ 13 minutes par calcul. Une seule source de l’étage boost est excitée à la fois, sur la carte nue puis de nouveau avec le blindage.

EXCITATIONSOURCECE QUE L’ON OBTIENT
Nœud de commutationTension du nœud de commutation (IC2, broche 6)Capacité mutuelle vers chaque piste analogique
Boucle de commutationCourant dans la boucle IC2 – D3 – C19 / C20Inductance mutuelle vers les pistes du connecteur, le filtre d’entrée et les broches de l’ADC
Boucle d’entréeCourant dans la boucle C21 / C22 – L1 – IC2Idem
BobineUne boucle de courant de la taille de L1, à sa placeIdem, pour le champ de fuite de la bobine

Le pire cas, volontairement. L’AD7190 échantillonne ses entrées à 307,2 kHz, et quatre fois cette cadence tombe dans la tolérance de l’oscillateur du boost : rien n’est donc mis au crédit du filtre numérique. Non modélisés : la cellule de charge et son câble, les connecteurs au-dessus de la carte, le boîtier de l’ADC. Attendez-vous à un facteur 2 à 3 sur ces chiffres.

CHAPITRE 09 / 11DÉBUTANT

À quoi ressemble la vraie carte ?

Voici à quoi tout cela ressemble une fois dessiné : une carte plus petite qu’une carte bancaire.

LA CARTE EN 3D

La vraie conception, telle qu’elle sera fabriquée. Retournez-la pour voir le dos.

CHARGEMENT DU MODÈLE 3D

Faites glisser pour tourner la carte. Les boutons zooment et passent d’une vue à l’autre.

LE CUIVRE, COUCHE PAR COUCHE

Les quatre couches du sandwich. Affichez-les ou masquez-les, et zoomez.

Faites glisser pour déplacer. Zoomez avec les boutons, ou avec Ctrl + molette.

REPÉREZ LES COMPOSANTS

  1. 01Les deux gros connecteurs orange, en haut : les entrées des capteurs.
  2. 02Le cadre argenté, au milieu : le blindage autour de la puce de mesure.
  3. 03Le connecteur blanc, en bas : le câble vers l’hôte.
  4. 04Le composant rond et sombre, à gauche : la bobine de la pompe.
  5. 05Au dos (retournez le modèle 3D) : chaque point de test et chaque broche sont étiquetés, jusqu’aux couleurs de fils habituelles d’une cellule de charge.
COMMENT LIRE LES COULEURS

Chaque couleur est une couche de cuivre. Les lignes fines sont des pistes qui transportent un signal. Les grandes zones pleines sont des plans de cuivre, utilisés pour la masse et l’alimentation. Les petits trous ronds traversent toute la carte et relient les couches entre elles.

54 × 48 mm
TAILLE

Plus petite qu’une carte bancaire.

61
COMPOSANTS

Tous sur le dessus. La plupart sont plus petits qu’un grain de riz.

4
COUCHES DE CUIVRE

Empilées comme un sandwich : les signaux à l’extérieur, la masse et l’alimentation à l’intérieur.

2
ENTRÉES CAPTEUR

Des connecteurs à visser, à coque métallique.

11
POINTS DE TEST

Des pastilles étiquetées au dos, pour vérifier les tensions au multimètre.

1
CAPOT MÉTALLIQUE

Au-dessus de la puce de mesure, pour bloquer les parasites.

POUR ALLER PLUS LOINCaractéristiques techniques et empilement des couches
PARAMÈTREVALEUR
Dimensions54,0 × 48,0 mm
Empilement4 couches, JLC04161H-7628, 1,6 mm
FinitionOr par immersion, vernis épargne noir
Piste / isolement minimum0,2 mm / 0,2 mm
Composants61 (57 CMS, 4 traversants), tous sur le dessus
Fixation4 trous M3, reliés à la masse
Points de test11, sur le dessous
CAOKiCad 10
L1SIGNAL + ALIM.Dessus, tous les composants
L2MASSEPlan de masse de référence
L3ALIM., +5VAAlimentation et rail analogique
L4SIGNAL + MASSEDessous, points de test étiquetés
POUR ALLER PLUS LOINLes principaux composants
REPÈRECOMPOSANTRÔLE
U1AD7190ADC sigma-delta 24 bits avec amplificateur à gain programmable
U2LT3042Régulateur linéaire 200 mA à très faible bruit et très forte réjection d’alimentation (PSRR)
IC2TPS61086Convertisseur élévateur 1,2 MHz, interrupteur 2 A intégré
L1WE-PD 7447785004Inductance de puissance blindée 4,7 µH, saturation à 2,5 A
D3PMEG2010AEHDiode Schottky de redressement 20 V / 1 A, à faible chute
Q1SI2303CDSMOSFET canal P qui commute l’excitation du pont
Y2CSTCR4M91G53Résonateur céramique 4,9152 MHz, horloge de l’ADC
C14TAJA225K016Tantale solide 2,2 µF sur la broche SET du LT3042
J2, J4HARTING 21033213501Connecteurs M12 blindés, codage A, 5 broches, pour les cellules de charge
J1JST XH B7B-XH-AMConnecteur hôte à 7 broches
H5WE-SHC 36503205Capot de blindage sur l’étage d’entrée analogique

Composants principaux seulement. La nomenclature complète compte 31 lignes, surtout de petites résistances et de petits condensateurs.

CHAPITRE 10 / 11INTERMÉDIAIRE

Comment s’en sert-on ?

Utiliser la carte demande trois câbles et quelques lignes de code.

1

BRANCHER LE CAPTEUR

Une cellule de charge a quatre fils : deux pour l’alimentation, deux pour le signal. Les couleurs varient selon les marques : vérifiez-les d’abord au multimètre.

2

RELIER L’HÔTE

Un seul câble à 7 broches transporte l’alimentation (3,3 V) et les données.

3

ATTENDRE UNE DEMI-SECONDE

L’alimentation calme met environ 600 ms à se stabiliser. Mesurer plus tôt donne des valeurs qui dérivent.

4

RÉGLER LA PUCE

On lui indique de combien amplifier (×128 pour la plupart des capteurs) et comment moyenner ses mesures.

5

ÉTALONNER

Une lecture sans rien sur le capteur : c’est le zéro. Une lecture avec un poids connu : cela donne l’échelle.

6

MESURER

La puce envoie désormais un nombre tout frais plusieurs fois par seconde. Une seule ligne de calcul le transforme en poids.

POUR SE FAIRE UNE IMAGE

Le bouton tare d’une balance de cuisine. Vous posez un bol vide sur la balance et appuyez sur tare : la balance appelle désormais cela zéro. L’étalonnage, c’est la même idée, plus un poids connu pour apprendre à la carte ce que vaut un kilogramme.

LA SEULE LIGNE DE CALCUL
échelle = poids connu ÷ (lecture avec le poids − lecture à zéro)
poids = (lecture − lecture à zéro) × échelle

Refaites-le à chaque mise sous tension, et laissez la carte chauffer 5 à 10 minutes avant une mesure sérieuse.

L’IDÉE À RETENIR

Brancher, attendre une demi-seconde, trouver le zéro, trouver l’échelle. Ensuite, chaque nombre envoyé par la carte est un poids.

NOUVEAUX MOTSÉtalonnage
POUR ALLER PLUS LOINQuel fil va où : les deux connecteurs

CONNECTEURS CAPTEUR J4 / J2 — M12, 5 BROCHES

BROCHENOMFONCTION
1IN-OUT+Signal du pont, à travers 100 Ω et le filtre RC
2IN-OUT−Signal du pont, à travers 100 Ω et le filtre RC
3SENSE+Excitation + (+5VA commuté par Q1) et REFIN1(+)
4SENSE−Excitation − (interrupteur BPDSW de l’AD7190) et REFIN1(−)
5 / coqueGNDBlindage du câble
  • Toute cellule de charge à pont de Wheatstone à 4 fils, de 120 Ω à 1 kΩ, jusqu’à 20 mV/V.
  • J4 est la voie 1 (AIN1 / AIN2), J2 est la voie 2 (AIN3 / AIN4).
  • Les deux voies mesurent la broche 2 moins la broche 1. Si la charge se lit en négatif, inversez les fils de signal ou changez le signe dans le firmware.

CONNECTEUR HÔTE J1 — JST-XH, 7 BROCHES

BROCHESIGNALSENSREMARQUES
1+3.3VAlimentationAlimentation de la carte : entrée du boost et alimentation numérique de l’ADC
2CSEntréeActif à l’état bas, résistance de tirage de 100 kΩ vers le haut
3DINEntréeDonnées série vers l’AD7190, 100 Ω en série
4DOUT/RDYSortieDonnées série venant de l’AD7190 ; passe aussi à l’état bas quand une conversion est prête
5SYNCEntréeActif à l’état bas, réinitialise le filtre numérique. À relier à l’état haut si inutilisé
6SCLKEntréeHorloge SPI, 5 MHz max
7GND—Masse commune
  • SPI mode 3 uniquement (CPOL = 1, CPHA = 1).
  • Il n’y a pas de broche « donnée prête » séparée : surveillez DOUT/RDY avec CS à l’état bas.
POUR ALLER PLUS LOINRégler la puce : séquence et registres

SÉQUENCE D’INITIALISATION

  1. 01Attendre au moins 600 ms après la mise sous tension.
  2. 02Réinitialiser l’AD7190 : CS à l’état bas, 40 octets ou plus de 0xFF sur DIN.
  3. 03Écrire le registre CONF : gain, référence, chop.
  4. 04Écrire le registre MODE : filtre et cadence de sortie.
  5. 05Lancer l’étalonnage interne du zéro, attendre DOUT/RDY.
  6. 06Lancer l’étalonnage interne de la pleine échelle, attendre DOUT/RDY.
  7. 07Activer l’excitation : GPOCON GP32EN = 1, P3DAT = 0 (Q1 passant).
  8. 08Lancer l’étalonnage système avec un poids de référence connu.
  9. 09Passer en mode de conversion continue.

CONFIGURATION DE REGISTRES RECOMMANDÉE

REGISTRECHAMPVALEURRAISON
CONFGAIN[2:0]0b111 (×128)Résolution maximale pour les cellules à faible signal
CONFREFSEL0REFIN1± = excitation du pont (ratiométrique)
CONFCHOP1Réduit le décalage et la dérive
MODESINCSINC4Meilleure réjection du 50 / 60 Hz
MODEFS[9:0]0x1E0 (480)4,9152 MHz ÷ (1024 × 480) = 10 Hz, moins une fois le chop activé

Deux étalonnages sont nécessaires. L’étalonnage interne corrige le décalage et le gain de la puce elle-même, ne demande aucun poids, et doit être relancé après tout changement de gain ou de cadence de sortie. L’étalonnage système, avec un poids connu, fait correspondre les codes à des unités physiques. Moyennez au moins 16 lectures à chaque fois.

POUR ALLER PLUS LOINExemple de code
// Attendre >= 600 ms après la mise sous tension du 3,3 V (démarrage progressif du LT3042)

// 1. Réinitialisation
ad7190_reset();                              // 40x 0xFF sur DIN

// 2. Configuration
ad7190_write_reg(REG_CONF, CONF_GAIN_128 | CONF_CHOP | CONF_REFSEL_REFIN1);
ad7190_write_reg(REG_MODE, MODE_SINC4 | MODE_FS_10HZ);

// 3. Étalonnage interne
ad7190_write_reg(REG_MODE, MODE_INT_ZERO_CAL);
while (drdy_is_high());
ad7190_write_reg(REG_MODE, MODE_INT_FULL_CAL);
while (drdy_is_high());

// 4. Activer l'excitation de la cellule de charge
ad7190_write_reg(REG_GPOCON, GPOCON_GP32EN); // P3 = 0 -> Q1 passant

// 5. Étalonnage système
uint32_t raw_zero = ad7190_average(16);      // à vide
apply_reference_weight();
uint32_t raw_full = ad7190_average(16);
float scale = W_ref / (float)(raw_full - raw_zero);

// 6. Mesure en continu
ad7190_write_reg(REG_MODE, MODE_CONTINUOUS);
while (1) {
    while (drdy_is_high());
    uint32_t raw = ad7190_read_data();
    float weight = (raw - raw_zero) * scale;
}

Pseudo-C donné à titre d’illustration : les fonctions utilitaires sont à écrire pour votre microcontrôleur. Le README du projet contient aussi un tableau de dépannage.

CHAPITRE 11 / 11DÉBUTANT

Pourquoi tout est-il public ?

Tous les fichiers de ce projet sont publics. Chacun peut étudier la carte, la fabriquer ou l’améliorer.

POUR SE FAIRE UNE IMAGE

Une recette, pas seulement un plat. Un produit fermé, c’est un plat tout prêt : on peut le manger, mais pas savoir ce qu’il contient. Le matériel libre donne la recette complète : les plans, la liste des composants, les fichiers dont une usine a besoin.

C’est aussi pour cela que cette page peut vous montrer des simulations et des résultats : ils sont dans le dépôt, et vous pouvez les relancer vous-même.

UN ROBOT TIENT LES DOCUMENTS À JOUR

À chaque modification de la conception, un processus automatique redessine tout : le schéma du circuit, les fichiers de fabrication, la liste des composants, les images 3D. Rien n’est exporté à la main, donc rien n’est jamais périmé. Même des images de cette page en proviennent.

01

DESSINER

Le circuit et la carte sont dessinés dans KiCad, un logiciel de conception libre et gratuit.

02

ENREGISTRER

Chaque modification est enregistrée dans un dépôt public, avec tout son historique.

03

VÉRIFIER ET GÉNÉRER

Un robot cherche les erreurs dans la conception, puis redessine tous les documents.

04

PUBLIER

Les documents tout frais sont mis en ligne, ouverts à tous.

L’IDÉE À RETENIR

Avec le matériel libre, vous n’avez pas à croire cette page sur parole. Vous pouvez ouvrir les fichiers et vérifier.

NOUVEAUX MOTSMatériel libre
POUR ALLER PLUS LOINComment fonctionne l’automatisation

La conception est réalisée dans KiCad 10. À chaque push, GitHub Actions lance KiBot, qui régénère les sorties et les enregistre dans le dépôt. Le travail se fait sur la branche dev ; main ne reçoit que des fusions depuis dev, et c’est là que les versions sont taguées.

  • Schéma en PDF, plans de fabrication et d’assemblage
  • Gerbers, fichiers de perçage, ODB++, tables de perçage
  • Nomenclature (CSV, HTML, interactive) et positions de placement
  • Rapports ERC et DRC, tables des points de test, netlist
  • Rendus 3D et export STEP
  • Comparaison visuelle du schéma et du PCB entre commits (KiRI)
  • Le README lui-même, généré à partir d’un modèle

VARIANTES DE GÉNÉRATION

VARIANTESORTIESERC / DRCUSAGE TYPIQUE
DRAFTSchéma seul—Début de conception
PRELIMINARYSchéma + PCB—Itérations de routage
CHECKEDComplètesImposésRevue de conception, validation des pull requests
RELEASEDComplètesImposésVersions taguées
POUR ALLER PLUS LOINCe que contient le dépôt
Simulation/

Schémas LTspice, modèle comportemental du TPS61086 et modèle openEMS du cuivre routé, avec les scripts qui les lancent et tracent les courbes.

Manufacturing/

Gerbers, tables de perçage, nomenclature, positions de placement, plans de fabrication et d’assemblage.

Schematic/

Schéma exporté en PDF : synoptique, architecture, séquencement de l’alimentation et les cinq feuilles fonctionnelles.

lib/

Bibliothèques autonomes : chaque symbole, empreinte et modèle STEP utilisé sur la carte.

kibot_yaml/

Configuration KiBot : un fichier YAML par sortie générée, plus le workflow GitHub Actions.

Testing/

Tables des points de test, pour la mise en route et la validation.

Images/ · 3D/

Rendus 3D, animation de rotation, courbes de simulation et export STEP de la carte.

Mechanical/

CAO du boîtier et du support de la carte.

KiRI/ · HTML/

Comparaison visuelle du schéma et du PCB entre commits, et le site de documentation généré.

POUR ALLER PLUS LOINHistorique des révisions
AJOUTÉ
  • — Étage d’entrée AD7190 à deux entrées pour cellules de charge
  • — Chaîne d’alimentation +3,3 V → TPS61086 6 V → LT3042 +5VA
  • — Bibliothèques autonomes et modèles 3D
  • — Règles et empilement 4 couches JLCPCB
  • — Simulations LTspice
  • — Étude openEMS des couplages du routage
MODIFIÉ
  • — Renommé en OPEN_WEIGHT, migré vers KiCad 10
CORRIGÉ
  • — Connecteurs non reliés à l’ADC sur le schéma
  • — Ponts de vernis épargne de l’AD7190

Pas encore de version taguée : la carte est en cours de développement.

RÉCAP

Ce qu’il faut retenir

1

Une cellule de charge transforme une force en un minuscule changement de résistance.

2

Quatre jauges câblées en pont transforment ce changement en une petite tension : environ 10 mV à pleine force.

3

Amplifier cette tension est facile. La protéger du bruit, voilà le vrai travail.

4

La carte mesure un rapport : sa propre tension d’alimentation cesse donc de compter.

5

Son alimentation est d’abord pompée, puis nettoyée.

6

Le circuit et la carte ont tous deux été testés en simulation avant toute fabrication.

7

Tous les fichiers sont publics : chacun peut vérifier ce qu’affirme cette page.

GLOSSAIRE

Les mots, en langage simple

Tous les mots techniques de cette page, expliqués en une phrase.

ADC (CAN)
Convertisseur analogique-numérique : une puce qui transforme une tension en nombre. ADC en anglais, CAN en français.
Amplification (gain)
Rendre un signal plus grand. Un gain de 128 le rend 128 fois plus grand.
Bit
La taille d’un nombre dans un ordinateur. 24 bits permettent de compter jusqu’à environ 16 millions : plus il y a de bits, plus les pas sont fins.
Bruit
Tout signal indésirable mêlé à celui que l’on veut mesurer.
Cellule de charge
Un capteur qui transforme une force en signal électrique.
Convertisseur élévateur (boost)
Un circuit qui élève une tension en commutant très vite. Efficace, mais il laisse de l’ondulation.
Étalonnage
Apprendre à la carte quel nombre correspond à zéro, et quel nombre correspond à un poids connu.
Excitation
L’alimentation envoyée à un capteur pour qu’il puisse répondre.
Filtre
Un circuit qui laisse passer certains signaux et en bloque d’autres, en général les lents contre les rapides.
Jauge de contrainte
Une fine piste métallique dont la résistance change quand on l’étire.
Matériel libre (open hardware)
Du matériel dont les fichiers de conception sont publics : chacun peut l’étudier, le fabriquer et le modifier.
mV, µV, nV
Un millième, un millionième et un milliardième de volt.
mV/V
Le signal que donne un capteur à pleine force, pour chaque volt d’alimentation qu’il reçoit.
Ondulation
Les petites oscillations rapides qui restent sur une alimentation.
Pont de Wheatstone
Quatre résistances en losange. Il montre la différence entre elles et indique zéro quand elles sont égales.
Ratiométrique
Mesurer un signal comme une fraction de sa propre alimentation, plutôt qu’en volts.
Régulateur (LDO)
Un circuit qui abaisse une tension et la maintient stable. Silencieux, mais il ne peut que descendre.
Résistance (Ω)
La difficulté qu’a l’électricité à traverser quelque chose. Elle se mesure en ohms.
Simulation
Calculer dans un ordinateur le comportement d’un circuit, avant de le fabriquer.
SPI
Une liaison simple à 4 fils que les puces utilisent pour échanger des données.

MAINTENANT, ALLEZ VOIR À L’INTÉRIEUR

Vous savez maintenant comment fonctionne OPEN_WEIGHT. Le projet est publié sous la licence CERN Open Hardware Licence v2 Permissive : utilisez-le, étudiez-le, modifiez-le, fabriquez-le. Corrections, exemples de code et mesures réelles sont tous les bienvenus.

OPEN THRUST LAB — OPEN WEIGHT — CERN-OHL-P V2RETOUR AU LABO